L’incubateur, un lieu essentiel au cœur de la smart city

Le rôle majeur de l’incubateur dans la smart city de demain

« La création de valeur provient plus que jamais de la confrontation des idées, de l’agencement des compétences de chacun : c’est dans un écosystème ouvert que se construira la ville de demain ». Philippe Lagrange, premier Président du Tuba, le « tube à expérimentations urbaines » de la Métropole de Lyon, et actuel Directeur Général adjoint délégation France Veolia, n’a aucun doute sur le sujet : l’échange entre les co-acteurs de la ville est devenu la clé pour une politique du mieux vivre-ensemble et il apporte un nouveau souffle pour la mise en œuvre de services ou produits innovants.

Veolia participe à l’animation de plusieurs incubateurs urbains comme le Tuba. De quoi s’agit-il ?

Portrait de Philippe LagrangePhilippe Lagrange : Le mot incubateur est un peu réducteur ! Il s’agit plutôt d’écosystèmes conçus pour monter des expérimentations dans le cadre de la ville intelligente, avec des objectifs concrets de développement économique. Ces espaces ne sont pas intégrés au sein de Veolia : nous en sommes partenaires et co-animateurs.
Cette implication s’inscrit dans notre stratégie globale de la ville, partagée avec les forces actives des territoires, dont les collectivités.
Ces « incubateurs » urbains publics-privés mettent en présence trois grands types d’acteurs pour y créer des synergies : les entreprises (des grands groupes aux PME et aux startups), les sachants institutionnels (universités ou pôles de recherche) et enfin les citoyens, qui testent les services et produits créés dans ces espaces de co-création. Plutôt que d’incubateurs, nous pouvons parler d’expérimentations territoriales ! On y échange sur des problématiques entrepreneuriales mais aussi pédagogiques : qu’est-ce que la transformation digitale, comment exploiter la donnée, etc.

Quel est le rôle des grandes entreprises comme Veolia au sein de ces écosystèmes d’expérimentations urbains ?

P.L. : Les grandes entreprises apportent leur connaissance du terrain, mais aussi des projets et des moyens pour animer ces espaces et aider au développement des startups. Elles mettent à disposition des équipes, des données, des expertises. Veolia est ainsi co-acteur ou co-fondateur des écosystèmes d’expérimentations auxquels elle participe. Mais chaque territoire possède sa spécificité, et les rôles s’adaptent à chaque cas de figure. À Nantes, par exemple, se trouve le Nantes CityLab, un écosystème virtuel mis en œuvre par la métropole dans lequel s’agrègent des expérimentations développées par d’autres écosystèmes. À Bordeaux, il s’agit d’un partenariat d’industriels. Les projets sont développés à partir de la stratégie territoriale de la collectivité et des dynamiques entrepreneuriales locales. Les participations sont ouvertes, il suffit de candidater. L’économie de demain est systémique, la valeur provient de la confrontation des forces et des idées !

Pourriez-vous nous donner un exemple d’innovation concrète, d’une startup que vous avez pu accompagner au sein du Tuba ?

P.L. : Toutes les startups qui réussissent au sein du Tuba possèdent une caractéristique commune : elles viennent y chercher un réseau, un lieu pour développer leur expérimentation et des personnes en capacité de les accompagner dans leur développement. C’est ainsi par exemple le cas de Copark dans le domaine de la mobilité. Leur constat était simple : plus de la moitié des places de stationnement en milieu urbain appartient au domaine privé (particuliers et entreprises). Leur idée : louer ses places inoccupées pour optimiser la mobilité et le partage de l’espace commun. Ils ont donc profité de leur année et demie au Tuba pour développer leurs expérimentations avec l’aide d’entreprises expertes en mobilité.
C’est aussi le cas de ForCity à Lyon, spécialiste de la modélisation urbaine systémique, avec laquelle nous partageons à ce jour de beaux projets en France et à l’international.

Quelles sont les grandes tendances qui façonnent la ville de demain ?

P.L. : On parle beaucoup de l’open data, la donnée ouverte… à juste titre ! Les collectivités et les entreprises doivent ouvrir des données qui prennent de la valeur lorsqu’on arrive à les croiser. Cette philosophie de l’échange et de l’ouverture n’est pas toujours facile à faire admettre, même en interne. Protéger les données personnelles est fondamental, mais garder pour soi celles qui remontent de l’expérience terrain représente une vraie perte de valeur. La transformation digitale est un formidable outil qui suppose de la co-construction, et de l’adaptabilité. Nous sommes dans un espace ouvert, rapide, créateur, une économie plus circulaire, tournée vers l’innovation au sens large, sociale, environnementale et technologique : la ville de demain s’inscrit dans cette triple dimension.

Nous sommes passés de la notion de ville intelligente à la notion de bien-être, de bien vivre ensemble. Tous les acteurs de la ville sont acteurs du bien commun dans la ville de demain. Et l’intérêt général n’est pas antinomique au développement économique, au contraire !

Finalement, grandes entreprises et startups, ennemies ou partenaires ?

P.L. : Partenaires, bien sûr ! Nous travaillons tous pour la ville, et la ville se co-construit. Chacun à sa place s’il apporte une valeur ajoutée. C’est la complémentarité qui fait la nouvelle offre, et c’est pour cela que de grandes entreprises comme Veolia n’hésitent pas à soutenir, accompagner et s’associer à des startups et des PME innovantes. C’est ainsi que l’on crée de nouveaux services et de nouveaux usages.

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