image à la une pour les pratiques de veille

Veille et recherche d’informations des décideurs français

Vous avez peut-être déjà découvert l’infographie présentant les résultats sur notre blog, le baromètre InfoDécideurs , réalisé par Abiléo et NovaVeolia a décrypté les pratiques de veille et d’information professionnelle des décideurs français. Pour sa 2e édition, ce baromètre s’est intéressé aux décideurs publics des collectivités territoriales. Gilles Attard, directeur général des services de la ville de Beaune et de la Communauté d’Agglomération Beaune, Côte et Sud, livre ses impressions sur les résultats.

Portrait de Gilles AttardEnviron un décideur interrogé sur deux (51 %) dit consacrer plus de 2 heures par semaine à la veille et à la recherche d’informations, et un sur cinq (21 %) plus de 4 heures par semaine. Cela vous surprend-il ?

Gilles Attard : La veille et la recherche d’informations sont assez consubstantielles de notre métier. Je ne suis donc pas très surpris par ces résultats. Je dirais même que la veille permanente est une fonction essentielle en plus du pilotage des projets et de l’animation des équipes.
Ce qui me surprend, en revanche, c’est que ces chiffres ne soient pas plus élevés. En ce qui me concerne, c’est beaucoup plus : j’y consacre au moins 2 heures par jour, et le plus souvent en dehors de mon temps de travail, c’est-à-dire de 21 à 23 heures tous les soirs sauf le week-end. Je suis le premier donneur d’alerte. Je renvoie ensuite les informations dans les services et je leur demande de me faire des notes pour avoir une vision élargie sur tel ou tel sujet.

75 % des décideurs ont fait évoluer leurs pratiques de veille durant les 5 dernières années. Et vous, où en êtes-vous ?

G.A. : C’est mon cas bien sûr ! Le recours à l’information dématérialisée s’est faite à vitesse soutenue, et je m’y suis très bien fait. Cela présente en effet de nombreux avantages. Ma femme ne supportait plus les paquets de journaux qui s’entassaient à la maison ! J’ai donc très vite dématérialisé les sources d’information. Que ce soit les journaux professionnels, la presse généraliste ou encore les abonnements à des centres de ressources, je reçois tout maintenant sur ma tablette. L’avantage, c’est de ne pas être submergé d’informations quand on rentre de vacances. L’inconvénient, c’est qu’on ne décroche jamais vraiment !

« Je consacre au moins 2 heures par jour à la veille, et le plus souvent en dehors de mon temps de travail, c’est-à-dire de 21 à 23 heures tous les soirs sauf le week-end »

Pour 62 % des décideurs interrogés, la principale raison de préférer une source à une autre est sa pertinence et sa crédibilité. Vous êtes d’accord avec cela ?

G.A. : C’est en effet très important : quand on a peu de temps – et c’est le cas de nombreux décideurs de collectivités locales, il faut être très prudent sur ses sources. Il faut savoir faire le tri, et trouver des sources fiables qui, elles-mêmes, ont déjà fait le tri. Autre critère essentiel selon moi : l’immédiateté. Je lis avec énormément de plaisir Les Echos car leurs articles sont conçus pour les gens qui n’ont pas le temps : ils sont très courts, le titre est évocateur. J’utilise aussi beaucoup le système des alertes que je reçois sur mon smartphone. L’information est rapide, courte, synthétique : l’essentiel est là, et il sera ensuite développé, commenté… Pour ma part, j’ai plus d’appétence pour la synthèse que pour l’analyse par formation et par nécessité. Quand je demande à l’un de mes collaborateurs une note en 15 lignes, c’est 15 lignes et pas 20… et encore moins 3 pages. Sinon, pour moi, c’est suspect. C’est un signe que l’on veut m’embrouiller.

Les décideurs interrogés affirment que les réseaux sociaux prennent aussi une place en plus importante dans leurs pratiques de veille. C’est votre cas également ?

G.A. : Je ne les utilise pas trop comme source d’informations car je m’en méfie. Ils sont souvent orientés, ce ne sont pas de bonnes sources d’information mais plutôt des sources de déformation.. Je n’y suis pas réfractaire, je conçois qu’il s’agisse d’une évolution majeure, voire d’une révolution, mais il faut que l’information soit régulée un minimum. En revanche, c’est un bon moyen de communiquer, qui se développe d’ailleurs largement dans nos services.

Quelles sont aujourd’hui vos attentes ?

G.A. : Que les filtres soient encore plus efficaces, à la fois dans la quantité d’informations que l’on reçoit mais aussi dans la qualité. Nous sommes constamment submergés d’informations et de contre-informations, d’interprétations folkloriques… Il existe tellement de sources d’information qu’il faut faire le tri. Mais bien sûr, c’est aussi à nous, décideurs, de poser des filtres pour ne pas être constamment envahis. Un principe que je me suis imposé depuis quelques années déjà : je ne réponds plus aux appels non identifiés. J’ai aussi créé des adresses mails différentes : une pour la ville, une pour la communauté, une personnelle et même une très personnelle !

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